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mardi, mai 27, 2008

Hic et nunc

À un moment donné, non
plutôt
au moment voulu
j’ai cru qu’il fallait me taire

et me suis tu
et
tenu coi

Mais aujourd’hui les mots sonnent
bourdonnent dans ma tête
me disant que je suis de nouveau
sur la route, dans la lutte

des possibilités de moi
de soi sur moi

J’ai deux chambres, deux espaces
l’une de jour, première
l’autre de seconde nuit
elles s’ignoraient l’une l’autre

mais je les ai quittés toutes deux. J’errais
voulais m’abandonner à l’intempérie

me cuire à la glace extérieure
quand mon cœur m’a
déserté, quand ma mie
me quitta

Creux, je délirais à la fin du dedans, si jamais
j’arrivais à noyer profond, égoïste, au sein du Même

mais le poids de mon fardeau me ramenait
toujours à la surface
limite, faussée
entre l’eau douce et la saumure

comme l’œuf qui flotte paisiblement
sans conscience de sa propre masse

Demeurant dans cette frontière sans limites
sans extrêmes visibles ou fixables
j’ai décidé d’habiter
mon deuil




Ciudad de México 20080527 0233 - 22 Iyyar 5768

vendredi, septembre 15, 2006

Introduction... pour moi et pour les autres

Voici un essai sérieux de renouvellement, de reconstruction. Ce n’est pas sérieux à cause du ton, du sujet ou du lexique. Ce n’est sérieux que parce qu’il s’agit d’une décision prise et irrévocable. Ici sérieux veut dire engagé (“I am tired of cowards who say what they want and then they can’t handdle” et le premier inclut dans la liste c’est moi-même). Une personne à moi très très chère a commencé un “carnet de bord électronique” —exactement comme celui-ci— en guise de thérapie dans un moment de choc dans sa vie. Moi, je le fais comme “journal-à-discussion” pour essayer de retrouver la direction du chemin et, en même temps, de retracer le chemin de la direction. Les gens de mon entourage —ceux qu’y sont présents, ceux qui viendront ou, même, reviendront— trouveront par différents moyens leurs chemins vers la fugace adresse électronique que je m’ouvre avec ces mots. Il s’agit donc d’un espace public. Mais je fais déjà des prédictions pour un futur que, bien qu’il puisse être immédiat, reste encore à venir. Je fais donc, et respecte, leur place propre:

Reconnaissant le caractère public de cet espace, rien ici n’est privé, rien que je puisse dire au moins. Cependant, je revendique l’autorie —avec ce de bon et de mauvais qui vient avec— de mes propres paroles —et jamais des paroles des autres—... tout en essayant d’avoir en tête ce que public veut dire. En conséquence tout ce que je dirai ici sera vrai mais, évidemment, ce ne sera jamais toute la vérité; puisque je réserve pour moi le droit au privé. Je donne ces mots en témoignage d’une crise, personnelle et collective, en bonne foi et sans aucune valeur probatoire, sauf celle que chacun, en conscience, voudra en reconnaître. À certains, et certains de mes amis, cette page même et le “attempt” de renouvellement, en soi, peuvent sembler prétentieux. À ces amis je dis: “You know it — I cannot pretend — I am pretentious. Aux autres, je ne dis rien.

Le nom de la page est, en effet, une commémoration de Roland Barthes et d’un de ses ouvrages, ce titre-ci est aussi beaucoup plus que ça. Je me place aujourd’hui au Degré zéro, pour tout commencer. Je ne sais même pas taper à la machine. Je commence à peine à apprendre, comme tout. J’aurais pu aussi appeler la page “Apprendre à vivre enfin” mais, sans doute, ce titre devra attendre le futur. Au Degré zéro il n’y a pas de différentiation encore ou, au moins, toute différentiation est potentielle. Il s’agit donc de politique, de philosophie, de littérature, d’histoire... de psychanalyse si je réussis à y arriver. Et d’autres choses —j’espère— que je ne distingue pas encore. Cette fois, je ne propose pas le degré zéro de l’écriture, mais l’écriture comme degré zéro: Degré 0 de la politique, d° 0 de la littérature, d° Z de la philosophie, de l’histoire et de la psychanalyse. de moi-même, sans même pas me proposer à le dépasser, aujourd’hui ou demain. Si jamais vous ne comprenez, si jamais ça vous intéresse, demandez. Nous savons, fatalement, qui sont ceux qui nous aiment et comment nous aiment-ils.

JE N’ATTENDS PAS DE LECTEUR, IL NE VIENT PAS.

MAIS L’INTERLOCUTEUR ARRIVERA.

Je m’excuse d’avance des fautes d’orthographe, j’en commettrai davantage. La langue de cette page ne sera pas le français en exclusivité, je me permettrai de changer de langue selon les besoins de l’écriture, conscient des limitations que ce fait peut entraîner à la lecture. Cette fois-ci (mais pas nécessairement toutes les fois à venir) les paroles des autres sont, souvent, entre guillemets.

Ciudad de México, 20060914 2057