À un moment donné, non
plutôt
au moment voulu
j’ai cru qu’il fallait me taire
et me suis tu — et
tenu coi
Mais aujourd’hui les mots sonnent
bourdonnent dans ma tête
me disant que je suis de nouveau
sur la route, dans la lutte
des possibilités de moi
— de soi — sur moi
J’ai deux chambres, deux espaces
l’une de jour, première
l’autre de seconde nuit
elles s’ignoraient l’une l’autre
mais je les ai quittés toutes deux. J’errais
voulais m’abandonner à l’intempérie
me cuire à la glace extérieure
quand mon cœur m’a
déserté, quand ma mie
me quitta
Creux, je délirais à la fin du dedans, si jamais
j’arrivais à noyer profond, égoïste, au sein du Même
mais le poids de mon fardeau me ramenait
toujours à la surface
limite, faussée
entre l’eau douce et la saumure
comme l’œuf qui flotte paisiblement
sans conscience de sa propre masse
Demeurant dans cette frontière sans limites
sans extrêmes visibles ou fixables
j’ai décidé d’habiter
mon deuil
mardi, mai 27, 2008
Hic et nunc
dimanche, août 05, 2007
5 août
Il y a quelque peu de jours, un membre de mon très réduit groupe d’amis se plaignait de mon habitude — mauvaise habitude, dirais-je — d’écrire en langues diverses. Pendant un court moment, je le confesse, j’ai sérieusement considéré faire le choix entre l’anglais fautivement universel et notre espagnol quotidien, au moins pour ce qui relève de l’usage dans le médium que voici. Vous — et j’insiste sur ce vous — savez que des mois entiers peuvent se couler sans que je n’écrive un mot nouveau dans cette demeure… et je ne sais encore pour qui j’écris ces lignes, si ce n’est pour ce vous indéfini qui m’inclut moi premier et moi dernier mais, précisément, étant ce moi élargi — ce moi long, large, très mince et rugueux, tendu comme un tissu. Le vous est foyer de ce moi éclaté (aplati mais tissé) en des fils. Or, ces mois s’expriment souvent en français et, plus fréquemment, les dialogues entre eux (entre mois, soit-ce trop schizophrénique) se déroule en sauts de langues, de rythmes et d’intonations.
Alors, au lieu d’essayer des réponses pour la question ennuyante — et ennuyeuse — ‘who am I writing for, then ?’ j’essaierai dans la mesure de mon possible de m’écrire (d’écrire… décrire ?) sur un corps électronique que je réclame pour moi. Je vous propose, donc, quatre projets qui se prolongeront, peut-être, un mois d’ici jusqu’à ce que l’on fête la première année d’existence de ce cahier à notes/carnet de bord qui refuse fermement de devenir journal :
#1 – Confiteor Series :
#2 – La República de La Plata (Series) :
#3 – “Conigli sotto la Luna” (Series) :
#4 – Esta unidad está protegida por el Salón de la justicia… (Series) :
Et voilà, je ne promets plus rien, et je me casse. En dehors de ces séries (et même dedans), je continuerais mes inclusions sporadiques de citations et de paroles de chansons, puisque j’aime le faire. A part cela, je ne promets plus rien… peut-être une cinquième série pour tout le reste… Je remercie profondément N pour la patience et la passion (qui, finalement sont des παθος, toutes deux), et dédie ces lignes, spécialment, à Alejandra, Mathilde et Octavio… ils savent pourquoi.
Ciudad de México 20070806 0905 - 22 Av 5767
mercredi, août 01, 2007
Para Mariana…
con un leve retraso
« Nous sommes tous nés d’amour dans ce vieux pays
Où seuls de vieux, de très vieux singes sont assis
Aux commandes de nos libertés
Aux manettes de nos intégrités
Alors, tapons-nous sur le nez
Ça les fait toujours rigoler
Allez, tapons-nous, entre nous
Ça leur fera toujours des gros sous
Quand ils nous vendront des canifs
Et des idées malsaines
Pour que nos petites vies s’enfouissent
Dans la violence et la haine
Alors quoi, on va coucher dehors
Sous les ponts, sous des ponts d’or
Que d’autres auront construits pour aller de leur cuisine
À leur living…
Leur living-room
C’est pas du flan, c’est pas du vent
C’est le living-room des vieux singes savants
Living… living… living… room
Nous sommes tous nés, mon ami
Nous sommes tous vivants, c’est inscrit
Dans notre œil, tu vois, au fond ça luit
D’une envie de vivre, d’une envie
De parcourir le monde
Cette bonne terre, si gironde
Mais non, mais non, voilà qu’on nous gronde !
Cas sans laisser-passer
Faut pas se laisser aller
A rêver d’une autre vie, mon ami,
Non, faut pas rêver
Car pour rêver, faut des « laisser-passer »
Du papier pour passer sa vie
De l’autre côté du pont, des ponts d’or, dehors
Y’en a des tonnes, c’est pas qu’on les ignore
Car on les voit souvent passer de leur cuisine
À leur living…
Leur living-room
C’est pas du flan, c’est pas du vent
C’est le living-room des vieux singes savants
Living… living… living… room
Leur living-room
C’est pas du flan, c’est pas du vent
C’est le living-room des vieux singes savants
Living… living… living… room
Voilà comment, quand on y pense
Nous sommes tous devenus des éléphants
Des gnous, des girafes, des orangs-outangs
Dans nos réserves sous surveillance
Et qu’on n’aille pas s’égarer
En troupeau, ou bien tout seul, isolé
Dans les réserves d’à côté
On est sur de tomber sur un os
Un ostéopathe de première
Qui vous démembrera, c’est son affaire !
De vous faire passer l’envie
Des voyages interdits
Interdits dans nos vieux pays
Où seuls des vieux, des très vieux singes sont assis
Dans leur cuisine, ils gambergent
Pour améliorer leur living…
Leur living-room
C’est pas du flan, c’est pas du vent
C’est le living-room des vieux singes savants
Living… living… living… room »*
* PARIS COMBO, “Living-Room” (letra de Belle DU BERRY, música de Belle DU BERRY y PARIS COMBO), Living-room, Tinder/Universal, 2000, track 1. La letra está tomada directamente y sin cambios de la página oficial de la banda. Wikipedia tiene entradas más y menos interesantes sobre el grupo en francés, inglés y español (entre otros idiomas). Puedo traducir la letra bajo pedido (¡ja!).
lundi, juin 11, 2007
That Is Not My Problem
« En fin de compte, la question de l’existence ou de la non-existence de Dieu est plutôt un problème à Lui qu’un problème à moi. »*
*Encore une fois, moi —avec ma mauvaise habitude et mon entière malséance— qui me cite moi-même… pourtant il fallait le dire.
lundi, mai 21, 2007
Antequera
Coming and going, without any form… or format (at form?) for the moment… but just for the moment.
J’aurais voulu plus de temps, d’opportunité, de chances de voir, de travailler, de commenter et même de prendre des notes… mais je veux toujours davantage chaque fois que je reviens à ma terre.
Prometto —ma qui prometto tanto io che, probabilmente, è per questo che lo faccio così adesso, limitandomi un pò’— che i racconti, le spiegazioni, le correzioni e tutto quelo che manca arriverà doppo, con il tempo (e manca così tanto… che non sarà, senza dubbio, tutto, mai tutto). Cercherò che sia poco il tempo d’attesa.
vendredi, mars 30, 2007
Variation on “Thank You”
Je suis ici — tout seul d’ailleurs — dans mon autre maison, celle d’en haut, et je voudrais être avec toi. Je n’imagine plus rien sans toi, et le pire c’est que je ne peux que comprendre cette histoire — ses issues nécessaires que maintenant je ne vois qu’inévitables. Je commence, peu à peu, à la voir autrement.
Je profite du fait de secrétie de cette autre langue, la mienne, pour te dire que rien ne se compare au vide que ton absence me laisse.
Pour moi, apprendre — re-prendre — ma solitude d’une bonne fois pour toutes, pour moi faire la paix avec moi-même, payer me dettes… apprendre à devenir. Pour toi, tes propres quêtes et tes propres querelles, je les connais, mais je n’ose pas les dire moi, je n’ose pas les dire ici. Pour les deux, apprendre enfin la liberté dont nous avons tellement soif, que nous avons perdu dans le chemin et que nous savons, tous deux, que nous ne pourrions jamais apprendre ensemble. (Et c’est ici qu’une suite de paroles que je croyais déjà existantes, déjà-dites, qu’il ne fallait plus que dessiner… je croyais… devient difficile à construire) Je ne voulais pas reconnaître ceci, je pensais pouvoir détruire la réalité, la forcer à changer. Et j’ai déjà une série de bonnes erreurs cueillies dans cette course. Mais il ne me reste qu’accepter et te dire, ici, que je t’aime profondément, que je le veuille ou non… et ce sentiment ne va partir — ne partira
(Sans limite — sans point, ou points —, sans négation de clôture et sans clôture temporaire. Cette parenthèse est la seule limite que je puisse, par obligation, proposer provisoirement... mais ce n’est que la limite de l’inconnu, qui pourrait être en delais à demeure... je ne veux — ne peux — pas imag(e)iner l’à-venir sans toi.)
Je ne sais si je peux vivre avec ce sentiment, mais que je puisse ou non… je viens de trouver une nouvelle sécurité solide dans lui. J’évite de penser à toi, j’évite de penser à ton absence, j’évite de penser à ce profond besoin… j’éviterai, je jure, de penser à ses pieds et à ce corps qui veulent se projeter vers toi… et tout risquer, une nouvelle fois… puisqu’il paraît que d’une façon ou d’une autre, je ne me exténuerai jamais de tout risquer pour toi — once and again.
J’accepte le sentiment, c’est tout ce qui est dans mon pouvoir, je serai avec. Merci, tu viens de me faire voir que ce que je ressens est tout aussi fort que toujours, que je t’aime. Merci, je t’aime.
*Comme je l’avais promis le 30 mars, voilà la belle photo. Elle a été prise au mois de mars, le soir (à 18h probablement), à Ciudad Universitaria —au Centro Cultural Universitario, plus exactement— ; c’est une vue du Cerro del Ajusco. Le nom de la photo (celle-ci en a un) est : Home Seen From Home (ou la Terre vue de la Mer). La dédicace est pour N, mais elle le sait déjà. Beaucoup de choses se sont passées depuis le mois de mars… comme d’habitude.
lundi, décembre 25, 2006
Der Stern der Erlösung

« En la medianoche del mundo [la medianoche del día del Hombre] comienza la aurora del día de Dios ».
(“La figura de la Estrella. Una perspectiva global para la lectura de Rosenzweig”, dans Franz ROSENZWEIG, La Estrella de la Redención (1921), édition et traduction à l’espagnol de Miguel GARCÍA-BARÓ, Salamanca, Sígueme, 1997, p.34.)
Cela fait déjà 120 ans, exactement, de la naissance de Franz Rosenzweig à Kassel, Allemagne —un autre juif, un autre 25 décembre, ailleurs. Il mourut un 10 décembre à 43 ans, quelque peu de jours avant son 44e anniversaire. Ainsi, il ne vécut ni la Seconde guerre ni, même pas, la chute de la République de Weimar. Pour une fois, cependant, je ne veux pas parler de la mort, mais au contraire, fêter la naissance du philosophe qui s’est donné la tâche de discuter avec Hegel et rectifier le cours d’une histoire de la philosophie qui, comme il disait lui-même, commence en « Ionie et termine à Iéna ».
L’Étoile de la Rédemption ouvre la porte de la nouvelle phénoménologie et de la nouvelle herméneutique —comme ça, au-delà d’une dispute sans fondements d’importance—, et apporte les bases de la réflexion contemporaine sur l’exil, l’identité, l’éthique, et la différence (entre autres).
Ce 25 décembre, humblement —mais pas assez, pas encore—, à la mémoire de Franz Rosenzweig !
dimanche, décembre 24, 2006
La Veille de Noël
Je pensais qu’il me restaient plus de choses à dire avant ce jour —je ne sais pas combien fatidique— mais ce n’est jamais comme l’on aurait pu penser. Tout comme l’année dernière, il me faut répéter que je ne suis ni croyant, ni religieux, et surtout pas chrétien ; pourtant, tout comme l’année dernière, je répète pour tous ceux qui voudront l’entendre :
« Gloria a Dios en las alturas, y en la tierra
paz a los hombres de buena voluntad. »
vendredi, septembre 15, 2006
Introduction... pour moi et pour les autres
Le nom de la page est, en effet, une commémoration de Roland Barthes et d’un de ses ouvrages, ce titre-ci est aussi beaucoup plus que ça. Je me place aujourd’hui au Degré zéro, pour tout commencer. Je ne sais même pas taper à la machine. Je commence à peine à apprendre, comme tout. J’aurais pu aussi appeler la page “Apprendre à vivre enfin” mais, sans doute, ce titre devra attendre le futur. Au Degré zéro il n’y a pas de différentiation encore ou, au moins, toute différentiation est potentielle. Il s’agit donc de politique, de philosophie, de littérature, d’histoire... de psychanalyse si je réussis à y arriver. Et d’autres choses —j’espère— que je ne distingue pas encore. Cette fois, je ne propose pas le degré zéro de l’écriture, mais l’écriture comme degré zéro: Degré 0 de la politique, d° 0 de la littérature, d° Z de la philosophie, de l’histoire et de la psychanalyse. 0° de moi-même, sans même pas me proposer à le dépasser, aujourd’hui ou demain. Si jamais vous ne comprenez, si jamais ça vous intéresse, demandez. Nous savons, fatalement, qui sont ceux qui nous aiment et comment nous aiment-ils.
JE N’ATTENDS PAS DE LECTEUR, IL NE VIENT PAS.
MAIS L’INTERLOCUTEUR ARRIVERA.
Ciudad de México, 20060914 2057